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Jan 15

Retour d’expérience : se mettre à son compte / Pour qui, quand et comment.

17 janvier 2015 | Mon Blog

Voila maintenant plus d’un an et demi que j’ai décidé de me mettre à mon compte.
Depuis ce moment, je ne saurai dire combien de fois on m’a posé le même type de question, que ce soient des anciens collaborateurs ou mes différents contacts professionnels (clients, fournisseurs etc.)

 

L’intérêt de ce post est de tenter de répondre à la plupart d’entre elles.
Il s’agit d’un retour d’expérience très personnel, basé son mon type de profil (cursus et personnalité), des différents contextes professionnels que j’ai pu rencontrer, et en aucun cas présenté comme un pré requis pour se lancer à son tour.

 

J’y explique notamment quels sont les cheminements tout au long de mon parcours, qui m’ont amené à décider de passer du statut de salarié à celui de dirigeant de ma propre entreprise.

 

Mes décisions et ma situation personnelle actuelle sont donc directement liées à mon vécu.

 

Mon secteur d’activité

Service / Conseil en systèmes et logiciels informatiques

 

Spécialités :

  • Conseil et Expertise en architecture web  haute disponibilité / Sites à fort trafic
  • Spécialiste CMS (eZ Publish, Drupal) / eCommerce (Magento)
  • Pilotage et maintien en condition opérationnelle (MCO) des environnements et plateformes (Service Management)
  • Industrialisation / Orchestration de processus de déploiement et maintenance
  • Mise en oeuvre de plan de reprise et continuité d’activité (PRA / PCA)

 

Mon parcours personnel: mon cheminement vers l’indépendance réelle.

Pour mon cas particulier, je fais plutôt parti de ceux qui recherchent à avoir le plus d’autonomie, et ne crains donc pas la prise de responsabilité, qu’elle fasse partie ou non de mon poste.

 

Après un peu plus de 12 années d’expérience professionnelle réparties entre une grande entreprise (>600 employés), et une petite PME avec une croissance constante (d’~15 employés à plus de 70 à mon départ), j ‘ai eu la chance de côtoyer des responsables et dirigeants radicalement différents, que ce soit en terme de maturité de management ou de type de personnalité.

 

Et ce sont ces derniers qui m’ont permis de valider mon goût, assez tôt prononcé, pour l’entrepreneuriat et le souhait de travailler dans le service.

Une première expérience fondatrice

Je profite pour rendre un hommage, dans un premier temps, à mon tout premier responsable (DSI vraiment de « haut vol », autant en qualité humaine qu’en tant que manager) qui a su me donner rapidement cette autonomie dés mes débuts (23 ans), tout en me préservant des difficultés satellites que l’on peut rencontrer tout au long d’un projet.

 

Cela a été un véritable déclencheur, un modèle en matière de gestion (équipe et plan de charge), m’ayant permis de valider le contexte de mon projet professionnel, à savoir la prise de responsabilité et le développement d’activité.
Et pour le coup, c’est ce qui m’a incité au bout de 4 ans, à changer d’entreprise pour un poste plus en adéquation avec mes ambitions.

 

Ce qui m’amène à présent à ma seconde expérience, cette fois-ci, dans une PME dans le développement web.

 

Une seconde expérience enrichissante

Cette entreprise avait pour objectif de développer une nouvelle activité dans un domaine qui m’attirait déjà (en 2007) : l’hébergement web Open Source.

 

Ainsi, après avoir eu la chance d’avoir un manager de qualité dans mon premier emploi, je me retrouve à présent à me voir confier la responsabilité de l’évolution et du bon fonctionnement du SI de cette PME, mais également, de pouvoir partir de zéro pour développer une nouvelle activité… et cela, en tant que salarié (confort et peu de prises de risque personnelles).

 

De fait, la principale qualité de mon nouveau « patron » de l’époque a été de me donner une autonomie totale, ainsi qu’un appuie constant durant les premières années, dans ma prise de décision vis à vis des autres membres de la direction (3 personnes).
J’étais donc très exactement dans la « piscine » décrite plus bas : « fais tes preuves »

 

Ce fut une expérience enrichissante, réellement passionnante, pour laquelle j’ai eu plaisir à m’impliquer autant que s’il s’agissait de ma propre entreprise (… ce qui fut néanmoins une erreur de jeunesse).

 

J’ai également eu la chance de travailler avec des collaborateurs et des clients de grande qualité.

Prise de décision

En tant que responsable d’une activité de service avec une autonomie complète pendant plusieurs années, il m’est ensuite devenu difficile d’accepter de baisser la qualité des prestations, du contexte de travail, et par conséquent, d’assumer mes responsabilités vis à vis de mes clients, de mes collaborateurs, mais également envers ma propre vision de ce qui doit être fait et comment.

 

Or, une direction demande à ses cadres de suivre et faire suivre aux collaborateurs les orientations prises. Car en effet, le rôle d’un responsable est bien entendu de garantir une qualité de service rendu, mais également d’accompagner l’entreprise dans son évolution conformément aux décisions de la direction.

 

Deux solutions s’offraient à moi:

  1. Adhérer à l’orientation prise par la direction malgré mes convictions profondes, et rester dans le confort du salarié avec un poste de responsable au sein d’une entreprise en pleine croissance (peu de risques personnels)
  2. Assumer de ne plus être en adéquation avec les projets de l’entreprise et mes responsabilités.

 

J’ai alors pris conscience qu’il était temps pour moi de faire les choses à ma manière, avec mes propres prises de risque, et donc de démissionner de mon poste pour me mettre à mon compte.

 

Pour qui

Se mettre à son compte, et cette fois-ci, quelles que soient sa personnalité et expériences, nécessite d’avoir le goût de l’indépendance et de l’autonomie.

 

Trait de caractère : un goût prononcé pour l’autonomie

J’ai pu travailler avec de nombreux collaborateurs (sous ma responsabilité directe ou non) , et constaté ainsi que certains d’entre eux ont un réel besoin d’être supervisé, accompagné, et souvent en recherche d’une validation de leur travail auprès de leur(s) responsable(s).

 

Attention, il ne s’agit pas d’un défaut, mais juste d’un trait de caractère, ou tout simplement du souhait de ne pas avoir à prendre plus de responsabilités que son poste ne le demande.

Note : Je différencie également ceux qui choisissent ce « confort » (ex: se dire qu’on fait ses heures et après c’est fini), de ceux à qui on n’a pas donné l’opportunité d’être plus autonomes, ou qui ont tout simplement fini par être démotivés car on ne leur avait pas donné cette opportunité plus tôt.

 

En tant que responsable de service, avec un rôle très transversale dans une PME pendant presque 6 années, j’ai effectivement pu constater ces phénomènes socialement très intéressants.

 

Pour ma part, et en résonance directe avec ma propre expérience, je pratiquais la méthode dite de la piscine : « saute et voyons combien de temps tu arrives à nager tout seul ». Pour faire simple, il s’agit de donner l’opportunité à un collaborateur de prendre en toute autonomie un projet, une problématique (bien entendu non critique), et de le laisser se « dépatouiller ».

 

Cette méthode qui peut sembler un peu sauvage, souvent vécu comme un « démerde toi », est néanmoins très efficace car elle met en évidence les aptitudes réelles d’un collaborateur face à la prise d’autonomie (du moins, à cet instant de son parcours personnel).

 

On peut ainsi apprécier la gestion du stress, le goût plus ou moins prononcé de relever un défi, mais aussi la capacité de savoir demander de l’aide (~ informations complémentaires) au bon moment.

 

Car l’autonomie n’est en aucun cas synonyme de tout faire tout seul, mais de savoir jusqu’où on peut aller, quelles sont ses propres limites, et à quel moment clé il est nécessaire de se faire aider (ex: par un autre spécialiste), avec pour seul et unique but d’accomplir en temps et en heure son objectif.

 

Ceci est primordiale et notamment dans le cadre du projet de se mettre à son compte, ne serait-ce que pour déterminer sa propre « plus-value », à quel moment et dans quels domaines il faut savoir « sous-traiter » pour ne pas se noyer dans sa charge de travail.

 

Ne pas avoir peur d’être isolé / savoir gérer son temps

Même si beaucoup d’indépendants travaillent en régie (chez un client, comme tout autre employé), une partie d’entre nous exercent en télétravail. Pour ceux qui l’ignorent encore, il s’agit tout simplement de travailler à son domicile pour ses clients.

 

Même s’il est inévitable d’avoir à se déplacer pour des réunions importantes ou autres actions nécessitant d’être sur place, une grande partie du plan de charge peut se faire à domicile.

 

Sur le papier, cela peut sembler l’idéal; Mais attention, cela peut également s’avérer être un piège.

 

En effet, travailler de chez soi implique d’être SEUL, autant pendant vos pauses cafés, que lorsque vous travaillez sur un sujet épineux.

 

Exit donc la possibilité de:

  • s’ouvrir l’esprit en abordant le sujet avec d’autres collaborateurs,
  • de faire un réel break de 5 minutes « blablabla » au café

 

La gestion du temps de travail est également mise à l’épreuve. Il est en effet TRÈS facile de tomber dans les excès, à savoir:

  • travailler plus d’heures que la normale (pause déjeuner très raccourcie, travailler tard en soirée, etc. )
  • tomber dans la glandouille « pyjama » toute la journée, devant la télé, avec son pc portable sur les genoux.

 

Certes, il s’agit ici bien entendu de cas extrêmes, mais qui doivent rester à l’esprit pour se forcer à s’établir un plan de charge en fonction de son activité, et non pas des facilités / commodités d’être chez soi.

 

Avoir un environnement dédié

En fonction du caractère, il peut aussi arriver que le fait de rester chez soi toute la semaine, donne envie de ne plus y être… et le besoin de changer d’air.

 

Pour cela, il est fortement conseillé de s’organiser un coin dédié au travail (idéalement un bureau isolé), en dehors duquel vous pourrez avoir un espace à « connotation privé ».

 

Certains optent pour des espaces de travail externes, dédiés aux indépendants, qui fournissent bureaux, connexion internet, etc.

 

Ne pas avoir peur des déplacements

Quand vous êtes salariés, la plupart du temps, votre lieu de travail effectif est proche de chez vous.
En d’autres termes, cela veut dire que vous rentrez le soir à votre domicile pour reprendre votre vie familiale.

 

Lorsque que vous êtes à votre compte, vous devez avoir des clients. En fonction de votre secteur d’activité, il se peut que les clients qui vous contactent ne soient pas vraiment de votre région.

 

Cela s’explique assez facilement par le fait que, si votre client vous contacte VOUS… c’est qu’il n’a pas la possibilité de prendre quelqu’un d’autre dans sa région.

 

Donc, sauf si vous avez la chance d’avoir l’ensemble de vos clients proches de votre domicile, qui vous permettent de développer tranquillement votre activité, il faut vous attendre à devoir faire le tour de la France, voir plus loin!

 

Quand se lancer

Difficile de dire s’il y a une meilleure période, un niveau de maturité (~age) ou d’expérience plus propice à se lancer et réussir cette aventure.

J’ai rencontré, depuis, de nombreuses personnes étant en indépendant ou l’ayant été, avec qui j’ai pu échanger sur le sujet.

 

Ceux qui ont commencé par être indépendant (ou le sont devenu rapidement en début de carrière):

Dans la majorité des cas, ceux qui s’y sont essayé en début de carrière, ont fini par redevenir salariés.
Pour autant, aucun n’en parle comme une mauvaise expérience, bien au contraire : cela leur a donné une vision plus concrète d’une activité de service, des coûts et de la charge de travail induits.
Par la force des choses, cela les a également amené à devoir se structurer dans leur travail, ce qui est un atout non négligeable pour un salarié.

 

Dans la plupart des cas, le principal argument pour redevenir salarié est le constat que le ratio salaire / charge de travail, ou tout simplement le confort de vie, n’était pas meilleur qu’en étant salarié.

 

Il s’agit donc souvent de personnes qui ne s’y retrouvaient pas dans ce statut, car leur prestation de service ne leur permettait pas de répondre à leurs attentes (pécuniaires ou en terme de motivation).

 

Ceux qui sont redevenus salariés après une expérience d’indépendant

Il y a également ceux qui sont redevenus salariés après une expérience plus longue d’indépendant, et donc, qui ont pu en vivre pendant plusieurs années.

 

Dans la plupart des cas, il s’agit de prestataires à qui leurs clients leur ont proposé un poste fixe, étant satisfait des missions déjà effectuées.

 

Et il y a bien évidemment des opportunités professionnelles rares qui peuvent amener un indépendant à repasser salarié, quit à redevenir prestataire par la suite.

Note : Après un peu plus d’une année, je me suis déjà retrouvé dans ces 2 situations.
Mais l’envie de passer le cap supérieur (création de structure) a été plus forte… pour l’instant 🙂

Pour ma part

Même si j’ai été tenté à plusieurs reprises de me lancer, et notamment juste après ma première expérience professionnelle, il est aujourd’hui indéniable que ma seconde expérience en tant que responsable de service et du développement de l’activité dans ce même secteur d’activité, m’a permis d’aborder sereinement ce nouveau défi.

 

En effet, cette expérience d’environ 6 années m’a apporté :

  • un retour d’expérience sur ce qu’il faut ou ne pas faire,
  • une visibilité du marché à la fois opérationnelle mais également commerciale,
    (réponses aux appels offres, création d’offres de services, etc.)
  • des contacts professionnels plus que précieux.

 

Et ce sont surtout ces contacts qui m’ont tout de suite permis de travailler, de signer des contrats, quasiment au lendemain de ma démission
(enfin… du moment ou mon ancienne entreprise m’a permis de communiquer sur mon départ).

Note : Merci Twitter au passage :p

 

Je classe ces contacts en différentes catégories:

  • Anciens clients (et toujours clients de mon ancienne entreprise), m’ayant « suivi » après mon départ et /ou sont devenus prescripteurs,
  • Anciens clients (qui ont quitté mon ancienne entreprise), m’ayant « suivi » après mon départ et /ou sont devenus prescripteurs,
  • Anciens clients ayant eux même changé d’entreprise, m’ayant « suivi » après mon départ,
  • Anciens fournisseurs / prestataires devenus prescripteurs,
  • Autres relations professionnelles (consultants, anciens collaborateurs, etc.), devenus des clients et /ou prescripteurs

 

Ces précieux contacts font qu’à ce jour, je n’ai eu à mener que très peu d’actions commerciales, travaillant quasi exclusivement sur:

  • des appels entrants suite à des recommandations,
  • d’anciens clients ayant de nouveaux besoins ou souhaitant changer de prestataire,
  • la réputation dans un marché de niche (*), suite à ces années passées dans mon précédent poste.

 

* Conseil en architecture web Open Source – Spécialiste CMS (eZ Publish, Drupal) / eCommerce (Magento)

Conseil

Si je peux donner un conseil à tous ceux qui travaillent dans une société de service : faites votre possible pour satisfaire au maximum vos clients, même si vous vous sentez pas bien dans votre poste actuel ou que votre hiérarchie vous amène dans une autre direction.

 

Un client travaille avant tout avec des personnes dans le temps, et non pas avec des sociétés de services.

 

Je citerai deux anecdotes qui me viennent à l’esprit, et qui me sont souvent rappelées:

 

  1. Parti en weekend avec deux collègues au Luxembourg pour fêter l’anniversaire d’un ancien collègue de travail, j’ai improvisé une pause sur une air d’autoroute belge pour effectivement… goûter une des bières du coin, mais aussi, profiter d’une connexion wifi pour régler un problème client suite à une alerte de mon monitoring.
    Pourtant, ce client ne bénéficiait pas d’une SLA en heure non ouvrée, mais était une référence de premier ordre pour l’entreprise, dans le secteur du tourisme.Vous me direz donc que j’ai travaillé « gratuitement » et pris sur mon temps personnel (pendant que mes 2 acolytes alcooliques dégustaient une Leffe ou autre)… mais ce client est aujourd’hui un des contacts cités plus haut, et ce n’est pas par hasard 😉
  2. Je travaille aujourd’hui avec un client « grand compte », pour lequel les SSII de ma région se battent pour se faire référencer.
    Ma première mission s’est faite avec mon ancien employeur, et j’ai travaillé depuis pour lui sous 3 entités (entreprises) complètement différentes. Quand un client vous suit et est content de vous, il le fait quelque-soit votre « employeur » ou votre statut.

Connaitre sa « valeur » sur le marché

Un autre conseil que je recommande vivement : bien connaitre sa valeur sur le marché.
J’entends par la, d’avoir une visibilité sur son savoir faire par rapport aux besoins du marché, des autres prestataires de service.

 

Car en effet, si vous êtes fréquemment sollicités sur le marché de l’emploi, ou pour des missions en Freelance, cela sous-entend que:

  • votre compétence / profil fait l’objet d’un besoin qui se vend (et donc pourquoi pas le vendre vous même! ),
  • vous n’aurez pas de mal à trouver un nouvel emploi si jamais votre aventure tournait court.

 

Pour ma part, entre les « concurrents » et les offres Freelance, je n’avais pas moins d’une proposition par mois au cours de ces 3 dernières années.

Note : J’ai même effectué certaines missions via mon ancien employeur (et oui… employé et rapporteur d’affaire.. trop bon, trop… 😀 )

Comment se lancer

Après ce que l’on pourrait appelé le « Pourquoi se lancer », précédemment expliqué, qui fait qu’on se retrouve en situation de vouloir sauter le pas, je vais aborder les différentes options possibles à ma connaissance pour se lancer pour de bon.

Préparer son départ

L’un des facteurs qui empêche le plus souvent de se lancer est la notion financière.

 

En effet, du moment ou vous décidez de quitter un poste pour vous mettre à votre compte, il faut accepter le fait que votre rémunération est à présent uniquement liée à votre activité. Pour dire les choses autrement, si vous n’avez pas de client, vous n’avez pas de salaire !

Rupture conventionnelle

Pour ceux qui ont la chance de pouvoir partir avec une rupture conventionnelle, c’est l’idéal. Il s’agit d’un accord avec votre employeur pour faire une rupture de contrat, vous permettant de toucher une prime de départ, ainsi que vos droits au chômage.

 

Ainsi, vous avez la garantie d’avoir une rentrée d’argent si jamais votre nouvelle activité a du mal à décoller.

Auto financement de son projet

Pour ma part, il n’a pas été possible d’obtenir une rupture conventionnelle par mon ancien employeur, ce qui est souvent le cas pour des postes à responsabilité.

 

La seule alternative a donc été d’auto-financer mon projet, c’est à dire, de mettre de coté au minimum 6 mois de charges personnelles (ex: loyer, crédit et autres dépenses de fonctionnement) afin de pouvoir « tester » grandeur nature durant cette période.

 

Si le constat était négatif, retour à la case recherche d’un nouvel emploi, d’ou l’intérêt de connaitre sa « valeur » sur le marché du travail.

Choisir un statut pour tester son projet grandeur nature

Auto-entrepreneur

La manière la plus simple et la plus économe pour se lancer et tester son projet est d’opter pour le statut d’auto-entrepreneur.

 

En effet, aucun coût de création, vous commencerez à payer des charges dés lors que vous aurez encaissé  (et non pas facturé) une prestation.

Note : Sachez que certains clients (~ grands comptes) pourront vous demander d’avoir une assurance « Responsabilité Civile Professionnelle », vous permettant de couvrir d’éventuels dédommagement suite à vos interventions.
Il en existe plusieurs sur le marché, j’ai opté pour Hiscox avec un coût d’environ 500€ / an.

Mais si on vous demande cette assurance, c’est que vous avez déjà des perspectives de facturation;
A vous d’essayer d’intégrer ces coûts de fonctionnement dans votre prix !

 

Les avantages :

  • Création rapide du statut
  • Pas de frais de création
  • Charges faibles sur l’encaissé ~ 26% du facturé (avec le choix de l’impôt libératoire)
    => Vous touchez donc 74% du facturé NET d’impôt !

 

Les principaux inconvénients :

 

  1. Une limite de CA à compter du 1er Janvier de l’année, avec un maximum de 34 900€ avec le seuil de tolérance, pour du service.
    Admettons que vous commenciez en mars 2015, vous ne pourriez alors facturer en 2015 qu’environ 29 000€ (prorata sur 10 mois)
  2. Pas de possibilité de déduire les frais de fonctionnement (assurance, frais de déplacement, connexion internet, etc.)

 

Exemple concret :
En ayant commencé votre activité le 1er mars 2014, et en ayant facturé le maximum toléré de 29 000€ (et des poussières), votre rémunération annuelle net d’impôt (*) pour l’année 2014 est donc de : 21 460 €, soit une moyenne de 1788€/mois

* Net d’impôt : vous ne payerez pas d’impôts sur le revenu

Portage salarial

Le portage salarial consiste à devenir consultant salarié dans une société de portage.
Concrètement, vous êtes employés de la société (CDD ou CDI), mais c’est vous qui développez votre activité.

 

Une fois que vous avez trouvé un client, vous établissez un contrat de mission entre votre client et la société de portage, mentionnant la tarification (c’est vous qui la fixez). Une fois votre mission effectuée, la société de portage va facturer votre client : vous pourrez alors vous verser un salaire une fois le paiement du client effectué.

 

Les avantages sont:

  • pas besoin de prendre une assurance « Responsabilité Civile Professionnelle », la société de portage en ayant déjà une,
  • possibilité de demander des acomptes avant règlement de la facture par votre client (qui règle souvent à 30 ou 60 j après avoir reçu la facture ),
  • possibilité de déduire les frais professionnels / de fonctionnement (connexion internet, déplacements, achat matériel, etc;),
  • possibilité de récupérer la TVA sur les achats en rapport avec l’activité (facture doit être au nom de la société de portage)
  • vous avez une fiche de paye et cotisez donc pour le chômage, retraite etc.

 

Les désavantages sont:

  • la société de portage prend un pourcentage sur votre CA encaissé
  • interlocuteurs et gestion administrative supplémentaire (déclaration de mission, de frais, etc.) qui peuvent être chronophages selon le cas.

 

Prenons un cas concret:

  • Frais de gestion de la société de portage : 10%
  • vous facturez 10 000 € une prestation à votre client
  • vous avez 1000€ de frais de fonctionnement (connexion internet, abonnement mobile, location de serveurs, achat de matériel, etc)

 

La société de portage vous prend donc 10% de frais de gestion sur les 10 000€ : il vous reste donc 9000€

 

La société de portage vous rembourse les 1000€ de frais de fonctionnement : il vous reste donc 8000€ de disponibles pour vous verser un salaire.

 

Sachant qu’en gros, le coût d’un salaire (charges patronales etc;) correspond à 2x le salaire net; vous pouvez donc vous verser une salaire d’environ 4000€ net sur les 8000€ disponibles, après avoir facturé à votre client 10 000€.

Notez tout de même que le fait de pouvoir se faire rembourser les divers frais est un avantage non négligeable!
Ici, vous percevez un salaire de 4000€, mais vous vous remboursez également 1000€ de frais qui reviennent dans votre poche, sans avoir à payer des charges dessus!

Note : pour ma part, les frais de fonctionnement sont de l’ordre de 400€ /mois

 Ce que j’ai fait:

Sachant très bien que j’allais dépasser le plafond de l’auto-entrepreneur sur l’année 2014, j’ai donc mixé ma facturation entre l’auto-entrepreneur et le portage salarial, en fonction :

  • du type de client
  • du montant facturé

 

Ainsi, chaque prestation < 4000€ a été facturé en tant qu’auto-entrepreneur, et les autres via le portage salarial, me permettant ainsi de ne pas être trop rapidement bloqué par la limité de chiffre d’affaire.

 

La possibilité de remboursement des frais est vraiment un atout non négligeable, même si les frais de gestion de la société que j’ai choisi (leader pour éviter de prendre des risques avec des amateurs) sont de 12%.

Alors, c’est mieux ou pas?

Voici une des questions qui revient le plus souvent; en substance il s’agit des points suivants:

Est-on plus heureux?

Difficile de faire une généralité, cela dépend évidemment des contextes, de sa réussite (facteur chance aussi) et de son caractère.
Mais à mon sens, et c’est pour cela que j’ai commencé ce post par expliquer mon vécu personnel, il s’agit avant tout de vous poser les questions suivantes :

  • Qu’est ce que vous voulez vraiment faire de vos journées?
  • Qu’est-ce que représente pour vous votre activité professionnelle?

 

Si votre job est juste alimentaire, que ce n’est pas une « passion » (toute relative) et qu’après tout, vous vous moquez de ce que vous faites toute la journée et comment vous le faites :  je ne suis pas sur que l’entrepreneuriat soit une bonne solution.

 

Maintenant, si comme moi:

  • vous êtes passionnés par votre travail,
  • vous aimez créer et développer des activités,
  • vous êtes soucieux du service rendu et souhaitez être un acteur majeur dans cet objectif,
  • ne comptez pas vos heures du moment que c’est vous qui le choisissez et que vous y prenez goût

… vous êtes effectivement un bon candidat!

 

Le fait de travailler à son compte change effectivement beaucoup de choses, comparé à un statut d’employé:

  1. Vous êtes seul maître à bord et choisissez votre stratégie de développement en fonction de vos valeurs, vos motivations.
  2. Seules vos décisions et orientations budgétaires vous fixent des limites.
    (ex: vous n’avez donc pas à assumer les décisions d’une autre personne ne comprenant rien à ce que votre entreprise facture et s’engage à fournir…).
  3. Vous avez une complète autonomie sur votre plan de charge (exemple: dédier 1 jour / semaine à la R&D !!!! )
  4. Vous avez une réelle considération sur le travail effectué de la part de vos clients

 

… et c’est sur ce dernier point que je vais faire un focus, pour mettre en lumière un aspect étrange dans le monde du travail.

 

Pourquoi vous levez-vous le matin?!

Posons la situation : que vous soyez employés ou prestataires, vous mettez à disposition vos compétences.

 

Ces dernières, et notamment si votre rôle consiste à apporter une notion de conseil auprès d’un client (prestataire) ou d’une direction (employé), sont donc rémunérées pour dire ce qu’il fonctionne, ce qu’il ne va pas et ce qu’il faudrait faire.

 

Et voila où la notion de considération et de reconnaissance du travail effectué, diffère entre les deux statuts professionnels:

  1. Un client, dirigeant ou employé, acceptera que je lui dise qu’il ne fait pas comme il faudrait, et écoutera mes recommandations.
    Evidemment, il me paye pour cela; Ne pas m’écouter et tenter de réfuter mes « critiques« , reviendrait à me payer pour rien !
  2. Alors qu’en tant qu’employé d’une entreprise, ces constats et conseils pourront être perçus comme une agression, voir une remise en cause des compétences du manager ou autre dirigeant.
    De même, expliquer à un collaborateur qu’il ne fait pas comme il faudrait, est souvent perçu, en interne, comme une attaque personnelle et non pas une recommandation pour travailler mieux.

 

N’est-ce pas étrange ? A y regarder de plus prés, cela semble tout à fait humain:

C’est comme s’entendre dire par un collègue, un proche « bouh… tu as une tête de malade !! »;
Selon le cas, le contexte immédiat et la susceptibilité de la personne recevant cette remarque, cela peut être effectivement mal pris, voir ignoré.

 

Si c’est un médecin qui vous le dit… votre réflexe naturel sera plutôt d’écouter ses conseils et de faire ce qu’il dit !

 

Alors oui… pourquoi se lever le matin, passer ses journées à lever des alertes, donner des recommandations, pour qu’elles ne soient que très peu écoutées?
Et cerise sur le gâteau, il arrive parfois qu’on vous demande de réparer un problème qui n’existerait pas si on vous avez écouté?!

 

Note: Je ne dis pas qu’en tant que prestataire, cette situation n’existe pas.
Mais… la grosse différence est que, le fait d’avoir à réparer le problème après coup correspond à une nouvelle facturation (qui peut être sur-facturée par ailleurs vis à vis de notions d’urgence)… et non pas compris dans le bundle salarié.

Le choix de vos missions

Voila un sujet qui est très intéressant, et qui remet également en perspective la notion de : « A-t-on toujours un patron ? »

 

Certes, vous êtes à votre compte, et donc votre propre patron. Mais lorsque vous avez un client qui vous missionne sur un sujet, vous vous apercevez vite qu’il existe toujours une notion de « patron / employé » entre le « prestataire et le client ».

 

En effet, même s’il n’y a pas de hiérarchie entre les 2 acteurs, le patron demande au prestataire d’effectuer des actions à traiter, et reste donc attentif quant au résultat (voir même plus qu’envers un employé lambda).

 

Il peut donc arriver que votre client vous demande de faire des actions que vous trouvez « peu adéquates« , et qu’il faut les faire puisqu’il les demande et qu’il paye.

 

C’est la que votre statut d’indépendant prend toute son ampleur : il ne revient qu’à vous de poursuivre votre relation commerciale avec votre client, si vous vous apercevez que l’équilibre qualitatif de vos prestations est dérangé.

 

Vous êtes donc complètement autonomes et avez seul la responsabilité d’accepter ou non, une mission « commando suicide« … rien ne vous y oblige, si ce n’est peut être, une nécessité financière temporaire.

 

Il est également important de comprendre que, tout comme les anciens clients de votre précédent emploi sont une source de recommandation et donc de potentiels apporteurs d’affaire, vos nouveaux clients le sont aussi !

 

Il est donc primordiale de bien cibler vos prestations afin de les transformer en « cas client » valorisants, et surtout en adéquation avec votre développement d’activité.

 

Réponse: Compte tenu de mon vécu et de mon recul me permettant de comparer ma situation actuelle versus mon passé professionnel, ma réponse est formelle : Oui, travailler à son compte est beaucoup plus épanouissant et rend donc plus heureux 🙂

Gagne-t-on mieux sa vie?

Encore une fois, difficile de répondre de manière générique à cette question.
Cela dépend de la situation de chacun, de sa zone géographique, de sa « plus value » sur le marché, etc.

 

En ce qui me concerne, et vivant dans une région ou le niveau de rémunération est assez faible, la réponse est clairement oui.

 

Sans exposer de chiffre ici, sur l’année 2014, j’ai gagné 32% de plus que dans mon précédent emploi, pour :

  • un nombre de jours facturés d’environ 120  (dont le tiers en déplacement), soit 6 mois ouvrés,
  • 1 mois de congés plein (août) et 1 semaine en décembre, soit 6 semaines qui sont donc non payées…
  • une moyenne d’un jour par semaine consacré à la R&D, veille technologique, etc.

Quels sont les pièges à éviter?

Budget

Les principales préoccupations concernent bien évidemment la gestion budgétaire.

 

En dehors du fait qu’il faille se trouver du travail, il faut également prendre en considération les délais de paiement de chaque client.

 

Car en effet, d’un mois sur l’autre, votre encaissement peut varier énormément : vous pouvez toucher 0€ en Mars alors que vous avez bien travaillé ce mois-ci, comme vous pouvez toucher 15 000€ en Avril correspondant à vos factures de Février, Mars et celles de quelques clients qui payent en fin de mois.

 

Cela oblige donc à travailler un budget sur des périodes longues (plusieurs mois), et donc, de prévoir à l’avance les coûts de fonctionnement.

 

Ainsi, en dehors du fait qu’il soit préférable d’avoir une réserve personnelle, ne serait-ce que pour « vivre », il est important de bien calculer ce que l’on va se verser en salaire en prenant en compte que des factures de divers fournisseurs tombent tous les mois
(SI vous avez la possibilité de récupérer vos frais de fonctionnement via du portage salarial, ou si vous avez créé une structure vous permettant de le faire ).

 

Pour ma part, sur l’année 2014, je n’avais une visibilité de chiffre d’affaire que sur 3 mois dans le meilleur des cas.
Autrement dit, à plus de 3 mois, je ne savais pas si j’allais travailler ou non. J’ai donc ajusté au fur et à mesure ma rémunération, et géré mon budget à l’année.

 

Par exemple, au mois d’août, je savais exactement combien j’avais encaissé. J’ai donc divisé cette somme par 12 (mois), ce qui m’a permis d’établir un salaire moyen jusqu’à Décembre 2014, et me garantir ainsi un salaire à mettre en face de mes dépenses.

 

Exemple :

  • Admettons qu’en Août 2014, le cumule des sommes que j’ai perçu (en net) depuis Janvier, soit égale à  32 000 €.
  • Ramené à 12 mois, cela équivaut à environ 2600€ /mois.
  • J’aurais donc mis de coté 4 (mois) x 2600 = 10 400€ pour me garantir d’avoir à disposition au moins 2600€/mois jusqu’à Décembre, et cela même si je ne signais pas d’autres contrats.

.. au lieu de me dire que je pouvais utiliser ces 10 400 € présents sur mon compte n’importe quand, n’importe comment 😀

 

Ainsi, peu importe vos échéances de paiement.. votre prévisionnel vous permet d’avoir une visibilité sur « n » mois d’avance.

Garder un cap sur son secteur d’activité / ne pas s’éparpiller

Au début, on peut être tenté par accepter tous les appels entrants, tous les projets que les différents types de contact cités plus haut nous renvoient. Mais il faut rester vigilent sur la stratégie de développement, avec une visibilité sur les mois à venir, voir sur l’année.

 

Pour illustrer cela, je savais qu’en 2014, l’essentiel de mes missions les plus rémunératrices correspondraient à du mode projet (études, audit, expertise). De plus, commençant cette activité, les perspectives de revenus récurrents permettant de garantir un fond de roulement suffisamment important pour absorber les creux sur l’activité de conseil, étaient inexistants ou peu probables.

 

Il était donc primordiale de prioriser ma disponibilité pour des journées de conseil, avec un TJM plus important sur cette première année.

 

J’ai donc du refuser à plusieurs reprises des prestations qui apportent certes un revenu récurrent, mais qui nécessitait un temps plein, ou ne représentait pas un chiffre d’affaire annuel suffisant.

 

Car lorsque vous êtes indépendants, ou que vous commencez… vous êtes seul. Vous arrivez donc rapidement à une limite de jours / homme disponibles pour vos clients. C’est la que vos expériences passées au cours desquelles vous avez appris à jongler avec les plannings, vous sont tout particulièrement utiles.

 

Néanmoins, pour relativiser un peu les choses, une fois que vous avez gagné la confiance de votre client, matérialisée par de nouveaux projets commandés en plus de celui pour lequel vous avez commencé à travailler avec lui,  il est à même de comprendre que vous n’avez pas une disponibilité à temps plein, et qu’il faut donc planifier vos interventions.

 

Une fois cette relation établie, seule la pérennité des projets dans le temps (fidélisation) est à travailler.

 

En résumé, à mon sens, il vaut mieux avoir peu de clients, mais de bons clients!

 

Cela rejoint ainsi le notion du « choix de vos missions » et donc de vos clients.
Et croyez moi, quand vous avez la chance de trouver des clients de qualité, autant vis à vis des missions confiées, que de part les échanges que vous pouvez avoir, vous ne faites plus le même métier, et pérenniser par la même occasion votre activité.

 

Cela me permet de boucler mon propos sur la comparaison entre « mieux vaut être employé ou indépendant » : Le client est au prestataire, ce que le patron est à l’employé.

Bilan 2014

Le fait de pouvoir mixer mes « moyens de facturation » m’a permis de largement dépasser les contraintes de l’auto-entrepreneur.
Cela a également était très formateur pour comprendre les subtilités de facturation, d’affiner mon budget prévisionnel en fonction des délais de paiement, et autre gestion de fournisseurs.

 

J’ai donc pu valider durant cette année la viabilité de mon activité, et compte tenu de mon CA réalisé, j’ai créé en décembre 2014 une SARLu avec Impôt sur Société.

 

Cela va me permettre:

  • d’optimiser ma gestion de frais,
  • de libérer ma facturation,
  • de me verser un « salaire » de dirigeant chargé à ~45%
    (ex: salaire net de 3000€ coûte à l’entreprise ~4350€… au lieu d’~6000€ pour un salarié « normal »)
  • de préparer et anticiper le recrutement pour continuer à développer mon activité autour du support de niveau 3 et du conseil, dans les problématiques d’hébergement web critiques.

 

Il y a eu certes des coûts de constitution:

  • environ 200€ de greffe, registre du commerce, publication journal etc;
  • environ 900€ de frais de constitution via un expert comptable
  • environ 2000€ / an de suivi comptable / juridique

 

Rajoutez un prévisionnel d’un minimum de 3500€ de RSI pour la première année… demandé en fin de chaque trimestre…

 

Soit un total d’environ 6600€ correspondant à ce que m’aurait prélevé la société de portage pour une facturation dans l’année de 55 000€, ce qui est bien en dessous de mon prévisionnel de facturation pour 2015.

 

Voila, j’espère que ce retour d’expérience répondra à vos questions, et notamment à tous ceux qui m’ont contacté suite à leur réflexion de se lancer ou non.

 

Edit 14/04/2016:

j’ai trouvé une illustration plutôt bien faite:

image

Source : http://www.easypartner.fr/blog_devenir-freelance-:-proc%C3%A9dures,-charges,-obligations_62_1

Bilan 2015

Un an plus tard, le choix de passer en SARLu (anciennement EURL) s’est révélé une bonne chose, pour plusieurs raisons:

  • comme prévue, l’activité a bien décollée,
  • travaillant exclusivement avec des clients grand compte, l’utilisation d’un portage salarial aurait été compliqué (chronophage + perte de crédibilité), ne serait-ce que pour le référencement auprès des services « achats » et l’ajout de paperasses pour les différents contrats entre moi même, la société de portage et le client.
  • l’activité d’Hosting qui aurait été étrange en matière de facturation (votre facture est au nom de la société de portage)
  • Idem pour la partie « revendeur » de solutions SaaS (ie New Relic), Support Editeurs (RedHat, MariaDB, MongoDB)
  • un économie sur les frais de 10% des frais de gestion de la société de portage sur mon CA ~ 185 000€, soit 18 500 € !

 

Les frais de fonctionnement restent proportionnels à l’activité, à rajouter:

  • ~ 45% sur le salaire (traitement en tant que gérant) versé
    pour 3000€ net / mois cela « coûte » à la société 4350€ / mois  (Soit un coût de 52 200 € / an)
  • Frais de comptable : ~ 2400€ HT / an (il y a surement moins cher)
  • Mutuelle pro : ~ 550€ HT / an
  • Assurance pro : ~ 500€ HT / an
  • Impot CFE (anciennement taxe pro) : pour moi, c’est 203€ HT / anet donc … à payer l’année qui suit (en 2016 donc):
  • Impôt société (sur le résultat) : 15% jusqu’à 38 120€, puis 33% au delà

 

Le résultat = CA – Charges (salaire chargé, frais de fonctionnement, etc.).

 

Exemple concret:

  • CA de 100 000 €
  • Charges (frais de fonctionnement, salaires, etc.) de 60 000 €
    • Salaire net 2000 € => coût de 2900 € / mois => 34 800 € / an
    • Frais de fonctionnement : 2100 € / mois, soit 25 200 € / an
  • Résultat est donc de 100 000 – 60 000 = 40 000 €

L’impôt société sera donc :

  • tranche de 15% sur les 38 120 premier € = 5718 €
  • tranche de 33% sur les 1880€ restant (40 000 –  38 120€) = 620,4 €
    (Vous l’avez compris, c’est après les 38 120 € de résultat que ça pique)
  • Soit un Impôt Société de 5718 + 620,4 = 6338,4 € pour

    • un CA de 100 000€
    • un salaire de 2000 net / mois, sur lequel vous allez ensuite bien sur payer un impôt sur le revenu
  • Soit un bénéfice de 40 000 – 6338,4 = 33 661,6 €
    Ce qui est un résultat intéressant, puisqu’il permettrait presque de garantir le salaire de 2000€ net / mois pour l’année qui vient.
    Reste plus qu’à facturer pour couvrir les frais de fonctionnement 😀

 

Après, c’est juste de la gestion budgétaire;

A vous de voir si vous préférez avoir un plus gros salaire, ou mettre de coté sur la société pour maintenir un salaire plus bas dans le temps.


 

Mon dernier conseil sera le suivant :
Le changement entraîne souvent des craintes / réticences. Mais l’absence de décision est pire qu’une mauvaise décision.
Donc si vous êtes malheureux dans votre job, que vous pensez avoir des compétences recherchées sur le marché, et qu’une solution pour vous serait de passer le cap… n’hésitez plus, lancez-vous !!!

 

Dans le pire des cas, cela ne fonctionne pas, et vous retrouverez un nouvel emploi.


  • Bern

    Merci pour ce retour très instructif = Nous sommes déjà deux à nous y reconnaître ! @bern

  • JOLY Laurent

    Bon retour Nicolas …

    Au passage, nous proposons des missions pour Freelance :
    https :// www_facebook_com / BC.et.O